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Conférences

QUELS MODELES ECONOMIQUES POUR LA SANTE DE DEMAIN ?

27 avril 2016 à18h Amphi Kernéis - entrée libre

Table ronde animée par Nathalie Angelé-Halgand, MCF HDR, responsable du département de management de la santé Faculté de Médecine &LEMNA (Laboratoire d’Economie et de Management Nantes Atlantique) Université de Nantes

Avec 12% de son PIB alloués aux dépenses de santé, la France se situe aujourd’hui dans le peloton de tête des pays européens, tout en restant loin derrière les chiffres américains. Cependant, le solde de la branche maladie de la Sécurité Sociale dépasse les 6 milliards d’euros de déficit, année après année, depuis 2009. Si certains analystes y voient un échec des politiques de maîtrise des dépenses, tous s’accordent pour reconnaître que le choix de leur financement collectif constitue l’une des grandes avancées sociales que nous envient aujourd’hui bien des pays dans le monde. Or, c’est ce choix politique, fondateur de la Sécurité Sociale qui donne accès aux mêmes soins de qualité à tous, indépendamment des conditions de revenus, du statut ou de l’état de santé du bénéficiaire.

A un an des élections présidentielles, la question que propose cette table ronde est de savoir si ce choix est tenable en 2016, plus de 70 ans après qu’il ait été fait ; s’il l’est, comme un certains nombres d’experts le pensent, il s’agit d’identifier les conditions de la pérennisation de ce fleuron de notre vivre ensemble, notre ciment sociétal que constitue ce droit d’accès aux soins pour tous ? Dans le cas contraire, quelles alternatives nous attendent ?

Le monde d’aujourd’hui a peu à voir avec celui de la Reconstruction, au sortir de la deuxième guerre mondiale, moment où la Sécurité Sociale a été créée. La nouvelle donne peut se résumer en trois phénomènes majeurs :
- l’explosion annoncée des maladies chroniques induites par le vieillissement de la population, qui va augmenter considérablement la demande en soins dans les années qui viennent ;
- les progrès scientifiques, avec notamment l’émergence de la médecine personnalisée, qui sont appelés à révolutionner nos façons de traiter les maladies, voire de les prévenir, mais à des coûts extrêmement élevés du moins dans un premier temps.
- Les avancées technologiques désignées sous le terme de « e-santé » et autre « m-health » (mobile-health) vont nous appareiller de montres ou autres puces dopées aux nano-technologies pour améliorer notre capacité à suivre les traitements, mais aussi à adapter les stratégies thérapeutiques pour mieux coller à nos besoins, ou encore pour nous alerter en temps utile afin d’éviter des épisodes aigus dont l’issue est incertaine. 
Dans un contexte global déprimé au plan économique, où les Etats sont appelés à réduire leurs dépenses publiques, cette nouvelle façon de se faire traiter sera-t-elle accessible à tous ou bien réservée à un petit nombre de privilégiés, les happy few ? Quel modèle économique pérenne permettrait-il de sauvegarder le principe de solidarité dans cette nouvelle donne ?
Ces questions seront discutées par trois experts, invités à la table ronde, avant d’être partagées avec le public.

Invités :

1- Philippe Mossé, économiste de la santé, Directeur de recherche émérite CNRS à Aix-Marseille Université
2- Philippe Burnel, Délégué à la stratégie des systèmes d'information de santé au ministère des affaires sociales
3- Christian Foury, Chargé de Mission de la Recherche Internationale à la MREIC (Mission des Relations Européennes Internationales et de la Coopération de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie des Travailleurs Salariés)

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